Katharina Niemeyer, Olga Siebert et Maria Silina, « Les passages circulaires d’une méthodologie croisée pour s’approcher d’un terrain de souvenirs. », Terminal [En ligne], 129 | 2021, mis en ligne le 21 avril 2021, consulté le 23 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/terminal/6949 ; DOI : https://doi.org/10.4000/terminal.6949
Uwe Vogt
«La télé et la radio se rendait ici, Berlin-Est était le centre qui a permis la transmission, la télévision de l’ouest s’est également rendue ici à travers Berlin ou à travers la frontière directement. Je me souviens. Mais je ne comprends pas pourquoi. Ce n’était pas typique. On avait en 88, 89 construit les 9 bloc d’appartements, mais c’était dans le village voisin et pour ça on avait loué trois étages pour la « VA » où les familles des soldats logeaient. Sur ces blocs il y avait une antenne satellite. Ce n’était pas encore la norme, même pas dans l’ouest»
«Ceux qui arrivaient à recevoir le signal le regardaient. Mais il y avait aussi d’autres qui n’ont définitivement pas regardé. Je ne sais pas combien mais … J’ai vécu quelque chose une fois. Il y avait dans le temps de la RDA, il y avait des camps de vacances et formation militaire, comme un camp avec une partie de formation militaire. J’étais cadet en 1985 ou 86, on est parti au camp de formation en tant que formateurs avec des élèves en 9e ou 10e année. C’était volontaire pour eux, ceux qui ne voulaient pas n’étaient pas obligés. C’était dans la région du Harz et il y avait des gens des troupes frontalières. Ils n’étaient pas formateurs, mais nous aidaient avec la logistique. Parmi eux il y avait un type qui … lui il était rouge foncé. Alors lui, je ne pense pas qu’il a survécu à la chute du mur. C’était vraiment un type rouge rouge et encore rouge et il ne regardait pas à gauche ou à droite pour voir les erreurs. Non non. Lui, il était comme : L’union soviétique c’est notre grand frère et tous les autres dans l’ouest ce sont les méchants. On ne peut pas vraiment contrer ce genre de discours. Ça existait aussi»
L'ostalgie c'est...
«Je dirais tout simplement qu’il ne faut pas renier son passé et l’assumer : bien sûr, je suis « Ossi ». Je trouvais ça toujours drôle quand je suis allé dans l’ouest pour les formations et je suis arrivé en disant « Salut, je viens de l’est ». Les réactions ont toujours été différentes. Une fois, j’étais à une formation spéciale et dans le temps le gouvernement était encore à Bonn. Mes quatre camerades de l’ouest trouvait que ça coutait donc ben cher le déménagement à Berlin. Mais moi j’ai dit : les gars, ils doivent déménager à Berlin! Ici à Bonn ils ne voient pas ce qui se passe dans l’est. Il faut aller à Berlin pour ça. Mes collègues ne croyaient pas que je disais ça. Mais bon après on s’entendait quand même bien, cen n’était pas un problème. J’assume, je viens d’ici, je suis fière d’être d’ici, il y a des régions sublimes ici, n’est-ce pas? Il n’y a pas juste de beaux coins là bas, mais aussi dans l’est. C’est peut-être relié au fait que … quand tu es au chômage pendant des années et tu ne sors pas de ta région, peut-être que tu deviens un peu plus réservé, sur la défense. Quand le mur est tombé, tu sais, je ne savais pas ce qui arriverait, c’était un pays étranger. Mais j’étais un des premiers à devoir y aller. Je suis allé à Mechernich près de Aachen, j’avais une formation introductive là bas, après nous sommes allé à Kuhnenberg proche de Hambourg pour une formation de terrain et en Bavière pour une formation technique et aussi à Usedom pour apprendre l’Anglais. Ainsi, j’ai fait le tour et j’ai rencontré toute sorte de monde. Bon, depuis 1994 je suis soldat professionnel, je n’ai donc plus de soucis privés de ce côté. Je dis mon opinion et après c’est fini. Personne ne peut me mettre dehors et je pense que j’ai les connaissances nécessaires. J’ai un certain horizon, je ne suis pas inintelligent. La qualité parait. Mais je suis fier d’être né ici, c’est ma patrie. Bon c’est sûr que beucoup de gens ont des problèmes. Par exemple ceux qui avaient déjà 60 ans au moment de la réunification. Pour eux, c’était un monde complètement à l’envers. Ils n’en sont pas revenus.»
Victoria Kühn
«Je suis moi-même né l’année de la réunification, en 1990, alors je connais la RDA seulement à travers ce que mes parents et surtout mon grand-père m’ont raconté. Force est de constater qu’ici dans la région il y a de moins en moins de jeunes et beaucoup de gens racontent encore leurs souvenirs de la RDA. Par exemple à propros de vieux jouëts comme le « Sandmännchen » (marchand de sable), qui est très connu chez nous, sinon il y a aussi « Pittiplatsch » (caractère d’une émission pour enfants) et des repas, notamment ce qu’on a cuisiné dans le passé.»
L'ostalgie, c'est...
«Comment décrire l’ostalgie… D’un côté, il y a tous ces biens commerciaux qui n’existent plus. De l’autre côté, il y a la mentalité des gens, qui est encore très ancrée chez les plus âgés et ce pour longtemps. Pour la génération de mes parents qui a grandi là-bas, jusqu’à leur mi-vingtaine, à l’âge de jeunes adultes, c’est différent, car ils ont vécu plus longtemps ailleurs qu’ils ont vécu en RDA. Pour la génération d’avant c’est encore extrêmement ancré la mentalité. Au moins chez ceux et celles que je connais, mes grand-parents.»
«Je trouve, l’ostalgie, si on va au musée à Berlin, c’est une ostalgie différente de celle d’ici. Peut-être qu’ils ont vécu ça différemment en ville ou dans la ville divisée qui était Berlin, c’est différent encore, qu’ici dans un village ou dans une petite ville. Tout dépendait de tes relations ici. Échanger, c’était normal ici. C’était encore plus grave chez ma mère, sa famille a quasiment vécu en forêt et c’était complètement différent de ce que mon père décri. Il avait aussi de la famille dans l’ouest, c’est-à-dire il a reçu des paquets de l’ouest et ça n’existait pas chez ma mère. Sa famille a encore mené un mode de vie différent.»
Liens / Links
https://medianostalgia.org/ (International Media and Nostalgia Network)
https://open-memory-box.de/ (archive numérique des films de famille de l’EX-RDA)
https://medienerbe-ddr.de/ (l’héritage médiatique de la RDA)

Conférences
Siebert, O., Niemeyer, K., Hübner, L.A., Silina, M. In between the lines – A methodological and theoretical reflection on online and offline ostalgia. 5th annual Memory Studies Association Conference, Warsaw, 5-9 juillet 2021.
#Ostalgie. Remembering the former GDR 30 years after the fall of the Berlin wall 𝐏𝐨𝐒𝐨𝐂𝐨𝐌𝐞𝐒 (Post-Socialist and Comparative Memory Studies) 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐞𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 Post-Socialist Memory in a Global Perspective: Postcolonialism, Post-transition, Post-trauma – Chisniau, Moldova, September 2020 / Online participation (COVID19). Youtube-Video: https://www.youtube.com/watch?v=vs35FSjqHTk&feature=emb_title
(N)ostalgies en voyage numérique 30 ans après la chute du mur de Berlin – Journées académiques allemandes à l’UQAM, 11-13 novembre 2019.
#ostalgie !? La place du retro et du vintage dans les communautés en ligne destinés à l’ancienne République démocratique allemande ». Actualités de l'obsolète - journée d’étude sur le(s) temps du rétro, 8 novembre 2019, C-1017-02 Pavillon Lionel-Groulx
Université de Montréal
Entre médias d’information et communautés de mémoire en ligne : l’importance de l’archive (non)institutionnelle pour le passé, le présent et l’avenir – Colloque annuel du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne, Université Sainte-Anne, 4-6 octobre 2019
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